dimanche 2 mars 2008

Hey my friend, part 2 : as-tu déjà dansé avec une wiimote, le soir au clair de lune ?

Avec en hôtes de marque, Pierre et le pont des soupirs local (on en a un aussi).

Avant de commencer, une petite remarque : demain, j'assisterai à ce qui devrait être les dernières heures de cours de ma vie. Ca fait bizarre...

Revenons maintenant une semaine en arrière. J'ai finalement décidé de faire quelque chose que j'aurai dû faire depuis longtemps : visiter Cambridge. J'ai donc commencé par un voyage en car de 3h30 qui m'a mené jusqu'à la grande rivale. En arrivant, la première chose que j'ai vue est...

... cette grande étendue verte, que j'ai traversée pour rejoindre mon hôte, Pierre, centralien et ami.

Hughes Hall, college, le site où j'ai dormi et (scandaleusement) bien mangé.

Nous sommes assez rapidement sortis nous promener en ville. J'ai à cette occasion découvert que Cambridge, c'est comme Oxford mais en un peu plus bordélique : les noms de rue et d'un certain nombre de colleges sont les mêmes, mais les rues sont sinueuses là où celles d'Oxford sont en général droites. Nous avons fait une bonne marche pour arriver au Centre for Mathematics, département de mon camarade qui valait effectivement le détour.
Rencontre du troisième type (un des labos du Centre for Mathematics)

A l'entrée, un écran qui alterne annonces de conférences aux titres accrocheurs et accessibles...
... et photographies d'étudiants charismatiques.

Sur le toit du batîment.

Après ce petit tour, nous sommes rentrés chez Pierre. Ce dernier m'a préparé un plat qu'il a inventé lui-même. J'ai pu ensuite dépenser mon trop plein d'énergie en testant la wii pour la première fois de ma vie et en terminant Warioware : smooth moves en 1h47 montre en main dans une avalanche de minijeux plus débiles les uns que les autres.

Le lendemain, après un petit déjeuner à l'anglaise, nous sommes sortis visiter quelques colleges. Lorsque nous sommes passés du coté du centre, nous avons entendu des jazzmen interpréter "Singing in the rain" avec entrain. Malheureusement, nous avons été cruellement déçus en nous approchant... Ils étaient sponsorisés par l'Eglise de Scientologie.
Enfin, ils sont plus sympathiques que Tom Cruise, mais quand même...

Nous sommes d'abord entrés dans Trinity College.
Trinity.
La fontaine de Trinity.

Puis nous nous sommes rendus à St John's College, juste à côté. A noter qu'il existe une rivalité entre les deux. De façon amusante, deux chemins, chacun sortant d'un des colleges, se trouvent séparés par un simple fossé rempli d'eau, comme dans un album d'une célèbre bande dessinée aujourd'hui en pleine déliquescence.
St John's college, qui ressemble assez à Trinity college en fait.
"Oh Roméo, pourquoi es-tu Roméo ?"
L'entrée de la résidence de St John's. C'est beau les vieilles pierres.

L'intérieur de la résidence de St John. Le style architectural n'est pas sans rappeler un certain gros cube évidé en banlieue Sud parisienne...

Nous avons terminé la visite par un petit tour à King's College, qui malgré son nom est un peu moins riche que les autres mais ça ne se voit pas forcément. Je suis ensuite retourné à Oxford. Encore merci à Pierre pour son accueil. J'essaierai de faire aussi bien quand tu passeras...
La cathédrale de King's College.

J'ai encore vu quelques amis après ça, et fait quelques petites choses dignes d'intérêt mais j'ai pas encore les photos et plus de temps pour poster : en effet, Mercredi je pars en Belgique, et je ne reviens ici que Samedi. Ce sera donc pour un prochain message;

lundi 25 février 2008

Hey my friend part 1 : ii tenki nyan ?

Avec en invités spéciaux, Nicolas et un certain nombre de bancs d'écoles.

Comme je l'avais annoncé, je reçois ou visite en ce moment quelques individus de bonne compagnie que j'ai connus par le passé avant de venir m'établir dans la perfide Albion. Ainsi, Nicolas, revenu du Japon pour un petit mois m'a fait l'honneur de venir passer deux jours ici. A son arrivée, nous sommes allés faire un petit tour de la ville, entre l'Ouest jusqu'à la gare et l'Est jusqu'au bâtiment de criminologie de Manor Road avant de tenter d'être servis au Eagle and Child.

Qui dit visite de Nicolas dit évidemment visionnage de gros nanars pour mon plus grand bonheur : ainsi en rentrant, nous nous sommes installés devant Braddock, portés disparus 3, un film pour le moins patriotique dans lequel Chuck Norris, bravant ces salopards de technocrates de Washington, s'en va gagner la guerre du Viet Nam tout seul à coups de pied retournés. Si vous ne l'avez pas déjà subie, je vous renvoie à la réplique la plus emblématique de l'histoire du cinéam reaganien. Pour la chronique de la chose sur nanarland, c'est par ici.

Le lendemain, j'ai essayé quelque chose de complètement différent de d'habitude : nous nous sommes en effet rendus au château d'Oxford. Au passage nous nous sommes offert un petit-déjeuner équilibré, comme l'atteste la photo suivante.
Les beignets Krispy Kreme, dont j'avais déjà croisé le chemin hypercalorique lors d'un court séjour aux Etats-Unis.

Le château en lui-même se visite, mais c'était guidé et nous n'avions plus tellement le temps, donc nous nous sommes contentés de grimper sur le tumulus qui se trouve juste à côté, pour la somme modique de 1£.

Le tumulus. Dommage qu'on n'ait pas droit d'y effectuer des roulis-boulis.
Du haut du tumulus, plusieurs dizaines de siècles nous contemplent. En tout cas, on a une belle vue du château.

L'après midi, j'ai délaissé mon invité pour une raison assez fallacieuse : je devais aller assister à un cours sur la déforestation.
Interrogation en fin de message. Soyez attentifs !

Le soir, nous avons participé à un student diner très animé, avant de visionner Challenge of the Tiger, un film d'espionnage érotique d'art martial dans lequel Bruce Le (ce n'est pas une faute de frappe mais un sosie de Bruce Lee) s'occupe de tataner un certain nombre d'individus et d'animaux sans qu'on sache trop pourquoi, tandis que Richard Harrison (un de mes ninjas caucasiens préférés), lui, s'occupe, euh... du casting féminin. Si Braddock m'avait paru un peu long, Challenge of the Tiger m'a impressionné par le n'importe quoi permanent de l'intrigue et par la prestation du grand Richard qui manifestement a très vite compris ce que valait le film et a décidé de non-jouer au diapason.

Jeudi, la visite de Nicolas s'est achevée par la classique visite de Christ Church College. Il est ensuite reparti vers d'autres horizons tandis que moi, j'ai commencé à me préparer psychologiquement à l'étape suivante, à savoir une visite en territoire rival pour voir si l'herbe est vraiment plus verte dans "l'autre" ville universitaire...

lundi 18 février 2008

fifth week black hole

Bonne nouvelle : j' ai finalement triomphé de cette maudite semaine numéro 5. Pour fêter ça, j'ai passé Samedi et Dimanche après midi à écrire un essay sur la production d'information sur l'environnement dans les médias de masse. J'ai quand même repris contact avec la société le soir.
Juste pour information, le temps à Oxford est radieux, avec un ciel bleu sans nuages...
... mais l'herbe est un peu givrée.

Ainsi, Samedi soir, je me suis rendu à une soirée sushi organisée par la Japanese Society. J'y ai rencontré une japonaise d'âge mûr qui a commencé à me parler de conventions de fans d'animation nippone en Angleterre et qui a essayé de me convaincre de me mettre au cosplay. Vous aurez donc peut-être l'occasion un jour de voir des photos de moi avec des cheveux oranges à nouveau, un kimono noir et une très grosse épée.

Je ne suis resté que brièvement à cette soirée, car j'avais rendez-vous pour aller fêter un double non-anniversaire en compagnie de mes collègues de master. J'ai donc eu l'occasion pour la première de l'année de prouver que j'étais incapable de danser seul ou accompagné, mais dans la bonne humeur - c'est ce qui compte. Le tout s'est déroulé dans un lieu intéressant puisqu'il s'agissait d'une ancienne église transformé en bar/discothèque appelée... le Freud. Je vous jure que c'est vrai.
Un bâtiment qui résume à lui tout seul l'évolution spirituelle de l'humanité au XXème siècle. Et en plus ils passent du Queen !

Le lendemain, je suis allé à une double projection organisée par la Japanese Society, avec un intervalle au milieu où j'ai pu déguster des yakisoba (nouilles sautées). Le premier film s'intitulait Tony Takitani. Tiré d'une nouvelle que je n'ai pas lue, il raconte l'histoire d'un homme solitaire qui épouse une femme charmante, mais avec une véritable obsession pour les vêtements.
Toni Takitani, oeuvre qui réussit l'exploit d'être à la fois un bon film et l'un des prétendants les plus sérieux au titre de film le plus lent du monde.

Le film est très épuré, la réalisation comprenant une alternance de plans fixes et de travelings vers la droite au ralenti (bizarrement, jamais dans l'autre sens). La plus grande partie du film n'est pas dialoguée, mais racontée par un narrateur en voix-off. En fait, ce film est peut-être l'équivalent cinématographe le plus proche qui soit de la lecture d'un livre.

Après la pause-dîner, j'ai pu revoir le film suivant, Battle Royale. Tiré d'un roman que j'ai lu, il raconte l'histoire d'une classe de 42 élèves contraints de s'entretuer par un gouvernement japonais dystopique, le tout sous l'oeil forcément torve de Takeshi Kitano.
Takeshi Kitano, qui réussit l'exploit de rester impérial même lorsqu'il porte un vieux survêtement fatigué.

Le film est également très épuré, la réalisation comprenant une alternance de jets d'hémoglobine et de jupes écossaises. Et Kitano bouffe complètement le film dans son rôle de professeur meurtri chaque fois qu'il apparait cinq secondes à l'écran, transcendant son rôle qui a d'ailleurs été complètement réécrit pour lui par rapport au livre, et c'est très bien comme ça.

Si ça continue, je vais devoir renommer ce blog Jibi sauce teriyaki... Ou peut-être qu'un jour j'irai m'installer au Japon et que là-bas, je m'inscrirai à un club où l'on joue au cricket avant de manger du pudding tout en regardant des films de Ken Loach. En attendant, les prochaines semaines, je vais avoir droit à un défilé de vieilles connaissances. Et ça commence dès demain, avec l'arrivée d'un visiteur venu, croyez le ou non, du pays du Soleil Levant...

samedi 9 février 2008

I am gweilo, part II (mise en abyme)

Précédemment sur ce blog : il y a quelques mois, je suis naïvement allé voir une soirée théâtre chinois pour élargir ma culture, avant de me rappeler au dernier moment que je ne parle pas un mot de mandarin. J'ai donc passé une heure et demi assis à regarder des acteurs se cacher dans des boites en carton et se mettre des fausses moustaches tandis qu'en arrière plan étaient projetées des photos de Nietzsche.

Mercredi dernier, c'était la veille du Nouvel an chinois. Pour fêter ça, j'ai décidé de retourner au théâtre pour voir I love peach blossoms, pièce montée et jouée par le club responsable de la soirée évoquée ci-dessus. Cette fois ci, d'après mes informations, le spectacle allait être surtitré. Je me suis donc rendu au Burton Taylor studio, nommé en l'honneur de vous savez qui.
Non, pas ce Burton, l'autre.
Non, pas ce Taylor, l'autre (grands dieux, cette vanne va tomber à plat)

Voici le synopsis de la pièce : une femme mariée et son amant discutent tranquillement, l'un et l'autre déclamant des poèmes comme le font probablement tous les couples illégitimes. Soudain, le mari rentre, complètement saoûl ("Se mettre minable fait partie de mon job !") et sa femme cache l'amant dans un placard . Jusque là, ça n'est pas très original, je l'accorde. Une fois le mari endormi, un quiproquo amène l'épouse à proposer à son amant de le supprimer. Ce dernier outré par la perfidie de sa maîtresse, décide plutôt de la tuer elle. Mais alors qu'il s'apprête à s'en aller, le cadavre se relève et annonce son refus de périr à cause d'une morale machiste et datée. Nous venons d'assister à la répétition d'une pièce, et les trois personnages sont des acteurs.
Commence alors un grand débat entre ces trois acteurs. Il faut en effet arriver à une conclusion satisfaisante : l'amant doit-il tuer le mari ? Se tuer lui-même ? Serait-il préférable que personne ne meure ? La réponse devient capitale alors que peu à peu il apparait que la pièce reflète étrangement la situation réelle des personnages...

J'ai plutôt apprécié cette pièce moderne : même si je dois avouer que les sur-titres ne m'ont pas permis de subir toutes les subtilités de l'histoire, j'ai au moins compris la trame principale. Les acteurs jouaient (et dans certains cas, chantaient) de façon assez convaincante, et le tout n'était pas dénué d'humour, pas toujours compréhensible pour un occidental. A contrario il y a eu un grand moment de comique involontaire que j'ai dû être le seul à saisir lorsque l'un des acteurs s'est mis à jouer comme Alain Chabat imitant Woody Allen...

Je ne sais pas trop si je vais poster avant un petit moment : la semaine prochaine est traditionnellement marquée par une lassitude générale et un certain dégout de la vie, à tel point que l'Université parle officiellement de "fifth week blues". La suite risque d'être plutôt animée : festival japonais en fin de semaine, puis visite d'un ami, puis petit tour dans l'autre Université, puis visite d'un autre ami, et fin en apothéose à Bruxelles. Ensuite, les ennuis vont commencer...

lundi 4 février 2008

A life more ordinary

Un master à Oxford, ça n'est pas seulement une suite de voyages d'études, malgré l'impression que vous pouvez en avoir à la lecture de ce blog. C'est aussi souvent des semaines où l'on assiste à une conférence par jour, complétée ou non par des lectures à côté. Voici donc le récit d'une semaine normale à Oxford.

Lundi : conférence sur ce qu'est une étude de cas. C'est la première d'une série de cinq censées nous former aux diverses méthodes d'études qui pourraient nous être utile pour notre minithèse. Ce fut l'occasion de se rendre compte que les sciences sociales, ca peut être très compliqué pour un ingénieur polyplurimultidisciplinaire à tendance généraliste de groupe sanguin A. Le soir, je suis allé diner au Noodle Bar en compagnie de quelques camarades pour fêter l'anniversaire de l'un d'entre eux.
Au noodle bar, on trouve de la nourriture vaguement chinoise, mais définitivement goutûe, et pour pas trop cher. Un luxe, ici.

La soirée s'est terminé au Grand Café, exemple impressionnant de publicité mensongère : l'endroit semble surtout grand à cause de deux énormes miroirs sur les murs.

Mardi : conférence sur la désertification, donnée par un individu précis et théatral qui s'est présenté comme un des fondateurs du département. En tout cas, il maitrisait son sujet.

Mercredi : introduction à l'écologie. Cette fois, c'était un cours sympa pour un ingénieur, avec des logarithmes partout et qui m'a rappelé l'option que j'avais choisie au premier term - Conservation & Biodiversity. Le soir, j'ai visionné Kantoku Banzai ("Longue vie au réalisateur"), le dernier film en date de Takeshi Kitano avec la Japanese society. Et je n'ai pas été déçu.

Mon autre idole.

On m'avait annoncé un film aussi dément que Takeshis, son précédent opus dont au moins deux de mes lecteurs se rappellent avec émotion. Je crois pouvoir affirmer que Kitano est allé encore plus loin dans le n'importe quoi. Le scénario est simple : après l'échec de son dernier film, Takeshi Kitano (dans son propre rôle) cherche une idée. Dans la première moitié du film, il va successivement mettre à mal tous les genres classiques du cinéma japonais, du film d'horreur au chambara (film de samurai) en passant par la comédie romantique ou le drame du quotidien. Dans la deuxième moitié, il se décide finalement pour un film de science-fiction. C'est là que la chose devient indescriptible : il faut le voir pour le croire.
Les deux acteurs principaux du film : Takeshi et sa doublure en plastique moulé
Les deux héroïnes du film dans le film. Leur look est paradoxalement ce qu'il y a de moins bizarre chez elles.
Je renonce à expliquer cette image, mon cerveau ayant déclaré forfait.

Tout ça paraît complètement débile, mais en fait c'est très drôle, introspectif, et ça a été officiellement présenté à la Mostra de Venise.

Jeudi : méthodes d'évaluation des écosystèmes. Un autre cours "engineer-friendly".

Vendredi : atelier autour des relations entre science et média. Cet atelier est peut-être le meilleur parmi ceux auquels j'ai assisté depuis le début de l'année. Nous avons en effet bénéficié, en plus de deux encadrants doués, de la présence de trois hommes venus du monde des média : un producteur de télévision, un éditeur de la BBC, et un incroyable journaliste scientifique, venant lui aussi du groupe de media publiques britannique, qui nous a offert une rétrospective hilarante de sa carrière.

Samedi : marathon animation japonaise sur grand écran, sous le prétexte fallacieux suivant :"les douze prochains épisodes d'Utena sont géniaux, mais ne font pas avancer l'histoire alors on va les regarder tous d'un coup".

Histoire de couper court aux persifflages des fans de Tintin, non ils n'ont pas tous la même tête...


Le soir, j'ai partagé un repas philippin avec quelques amies. Je connais quatre individus qui ont dû se régaler pendant deux mois, parce que c'était délicieux. Nous avons ensuite visionné un film d'Akira Kurosawa, maître reconnu du cinéma japonais (décidément). C'était une comédie en noir et blanc, où l'on aurait remplacé Lino Ventura par un samurai. C'était la première fois que je visionnais un film de Kurosawa, et, ma foi, je recommencerai autant de fois que je le peux.

Dimanche : on termine la semaine en beauté avec une projection du Rocky Horror Picture Show en ville. Nous n'étions que dix dans la salle, et nous n'avions pas le droit de lancer du riz ou de l'eau. Ca m'a quand même permis de réviser, parce que malheureusement, je ne connais pas encore le film par coeur. Par contre, les chansons, si. C'est grave, docteur ?
Let there be lips.

En fait, avec le recul, ça n'avait absolument rien d'une semaine ordinaire. Ca sera pour une prochaine fois. Peut-être.

mardi 29 janvier 2008

CAT size

Si vous avez besoin de vous mettre au parfum sur les deux premiers jours de mon field trip au pays de Galles, reportez vous aux deux messages précédents. Sinon, c'est parti pour la conclusion ! ROCK'N'ROLL !

La matinée a débuté par l'annonce des résultats des deux écocabines. Voilà donc arrivée la fin de ce suspens insoutenable qui dure depuis au moins deux jours : je me trouvais dans la cabine qui a consommé le plus d'énergie. J'ai perdu...

Les réservoirs contenant l'eau que nous avons utilisée. Normalement, nous aurions dû utiliser les seaux que vous voyez pour les remplir à nouveau, mais il semble que pendant la nuit, un lutin a actionné le robinet caché, vu qu'au matin, ils étaient pleins...

Mais perdu quoi exactement ? Après tout, comme nous l'a fait remarquer l'un de nos deux encadrants, les deux cabines n'utilisaient que de l'énergie renouvelable, et le but n'était pas de vivre dans le noir complet pour dépenser le moins possible, mais de montrer la pertinence des sources renouvelables pour produire l'énergie au quotidien. Dans ce contexte, la cabine victorieuse n'est-elle pas celle où l'on a vécu le plus confortablement ? J'ai gagné...

Le réservoir, qui alimente la turbine source d'hydroélectricité.


Mais au fond, quelle importance ça a ? La leçon à retenir, c'est qu'au final, nous avons consommé par personne trente fois moins d'électricité et considérablement moins de chauffage que la moyenne des foyers du Royaume-Uni. Bien sûr, ca implique de vivre à une vingtaine dans une maison, ce qui n'est pas trop ma tasse de thé, mais ça mérite réflexion quand même.

Lorsque nous en avons eu fini avec les comptes, nous sommes sortis visiter le CAT, ce qui n'était pas trop tôt parce qu'on était quand même sur place depuis deux jours. L'occasion d'observer d'un peu plus près le rôle éducatif de l'endroit.

LEVITATION !

Nous nous sommes retrouvés au milieu d'un champ rempli d'objets étranges accompagnés d'instructions aussi précises que celles de Warioware.

Allez, brûle !

Absorbe !

Mais tourne, je te dis !

Et, la plus précise de toutes : bouge !

Et exactement comme dans Warioware, à chaque fois il s'agissait d'appuyer sur un bouton et/ou de tourner une manivelle pour obtenir l'effet désiré. Evidemment, je me suis amusé comme un gosse à tout essayer.

Un prototype de soucoupe volante ?

Non, un système de stockage de l'énergie. Mais vous n'étiez pas loin.


La machine à faire du vent !


La machine à faire des vagues !


La machine à faire, euh... de l'hydrogène !

Bien sûr chaque machine était acompagnée d'une explication écrite ou auditive (en anglais et en gallois) décrivant l'intêret du procédé mis en scène.

Dans un sens c'est de l'anglais, dans l'autre du gallois. Un peu comme ces vinyls de rock qui révèlent des messages sataniques quand on les passe à l'envers, j'imagine.

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin, et on a dû arrêter de faire joujou pour terminer la visite, scindés en deux groupes. Le mien a marché jusqu'à un grand réservoir, en passant par un tunnel dans lequel se trouvait ça :

En fait, une taupe, ça ressemble beaucoup à un orque vu de près.

Puis après un petit tour à la boutique, nous avons pris un dernier repas et nous sommes repartis. Comme mes précédents field trips, ce petit détour par le pays de Galles en valait vraiment la peine. Si jamais vous passez du côté de Machynlleth (on ne sait jamais), n'hésitez pas à y faire un tour.
Dans une éolienne.

Le prochain message sera probablement posté Dimanche, et sera sans doute moins riche que ceux que je viens de vous présenter vu qu'il décrira une semaine plus ordinaire. Mais vous le lirez quand même, n'est ce pas ?

lundi 28 janvier 2008

Turnabout wind farm

Dans le but de respecter les lois de la causalité narrative, je vous encourage vivement à aller lire le message précédent, si vous ne l'avez pas encore fait.

Deuxième jour au CAT. Après un petit déjeuner pris dans nos écocabines, nous nous sommes rendus dans un champ d'éoliennes. Petite déception, suite à un problème technique ces dernières ne tournaient pas. Nous avons cependant pu nous en approcher et nous faire expliquer leur fonctionnement. Ou pas : personnellement je n'ai rien entendu à cause de la nature même du site. En effet, soufflait un vent à dékilter une tribune entière de supporters de Glasgow, ce qui est idéal pour le rendement des éoliennes, mais gênant pour l'écoute.
"C'est alors que Don Quichotte se dit qu'il allait avoir besoin de renforts."
Hormis les éoliennes, on trouve aussi beaucoup de moutons au pays de Galles. La photo ne le montre pas, mais le système permettant de les identifier donne l'impression qu'ils ont perdu une partie de paint ball.

De retour au CAT, après le déjeuner, nous avons assisté à une présentation de qualité sur le choix de l'emplacement des éoliennes au Pays de Galles. Une question qui nécessite de prendre en compte beaucoup plus que le rendement potentiel lié au site choisi.

Vu de près, on se rend compte qu'une éolienne, en fait, c'est haut. Très haut.
Chuis libre, comme une rivière...

Nous avons ensuite fait un saut rapide aux cabines, l'occasion d'apprendre que suite à un problème technique (deux en une journées ; la technologie occidentale, quelle merveille !), le générateur tournant au biodiesel devait être mis en marche. Puis nous nous sommes rendu sur les lieux du plat de résistance du field trip : le jeu de rôle !

Non, ne t'inquiète pas, Maman. Pas ce genre de jeu de rôle.

Le jeu mettait en scène une consultation publique au sujet de l'opportunité d'installer d'éoliennes sur le site de Cefn Croes (prononcez "Kevin Kroyis" et ne me demandez pas pourquoi, j'ai renoncé à comprendre). A chacun d'entre nous avait été assigné un rôle : j'étais un des cadres de l'entreprise désireuse d'installer les éoliennes, mes collègues jouant qui une membre de Greenpeace, qui un élu local incroyablement mielleux, qui un journaliste local... Quant au maître de jeu, une énorme surprise nous attendait, car il s'agissait de...
Guest starring George Monbiot dans son propre rôle.

Evidemment peu vous chaud parce que vous ignorez probablement qui est George Monbiot. Sachez que c'est un environnementaliste reconnu de ce coté ci du Channel, auteur d'une dizaine de bouquins et célèbre pour ses chroniques régulières dans The Guardian, journa anglais dont on peut dire qu'il est à mille lieux du Sun. Le jeu en lui-même a duré plus de deux heures, que je n'ai pas vu passées tant elles ont été drôles (certains de mes camarades mériteraient un oscar pour leur composition) et pourtant empruntes d'un certain professionalisme. Pour rester au niveau, je me suis abstenu de me lever en beuglant "OBJECTION !" toutes les cinq minutes alors que ça me démangeait furieusement.

La journée s'est terminé sur un repas pizza végétarienne /salade dans notre cabine. Après cette journée riche en émotion, je ne m'attendais plus à rien lorsqu'est survenu le moment le plus surréaliste du séjour, véritable climax : l'un de nos encadrants nous a annoncé que c'était la Robert Burns Night, et qu'en l'honneur de ce poète écossais, il avait capturé un haggis que nous devions partager. Il a amené la chose, puis a sorti un grand couteau et a tenu au pauvre haggis (panse de brebis farcie avec le coeur et les rognons d'une vache) à peu près ce langage :

Fair fa' your honest, sonsie face,
Great chieftain o' the puddin-race!
Aboon them a' ye tak your place,
Painch, tripe, or thairm:
Weel are ye wordy o' a grace As lang's my arm.

The groaning trencher there ye fill,
Your hurdies like a distant hill,
Your pin wad help to mend a mill
In time o' need,
While thro' your pores the dews distil
Like amber bead.

His knife see rustic Labour dight,
An' cut you up wi' ready sleight,
Trenching your gushing entrails bright,
Like ony ditch; And then, O what a glorious sight,
Warm-reekin, rich!

A l'antépénultième vers de ce poème intitulé An address to a haggis, l'encadrant a donné un grand coup de couteau dans le mets indicible, qui nous a ensuite été servi. Les lecteurs très attentifs auront remarqué une contradiction avec le post précédent, où j'annonçais que les repas au CAT seraient tous végétariens. En réalité, c'est là qu'intervient l'horreur absolue, parce que le haggis...
...était à base de BOULGOUR !!!

Ciel ! Un haggis végétarien ! Peut-on tomber plus bas dans l'abjection et la démence, fidèles lecteurs ? Vous le saurez peut-être (mais sans doute pas) dans le dernier volet du tryptique gallois, publié probablement demain soir.