dimanche 6 avril 2008

Nuit excentrique, partie 1 : parfois la victoire est dans la défaite.

Aujourd'hui et demain, je vais faire une petite entorse à la règle non écrite qui veut que ce blog n'évoque que de mes aventures grand-bretonnes. En effet, l'évènement dont je vais parler s'est déroulé Samedi 29 Mars à la cinémathèque française du côté de Bercy.


Si jamais vous n'y êtes jamais allé, je recommande l'extraordinaire exposition permanente qui s'y trouve. Il arrive fréquemment qu'on y passe de bons films aussi, même si ce n'est pas le sujet du message...

J'étais là pour assister à la IVème Nuit excentrique, la deuxième à laquelle j'ai eu la chance d'être présent. Pour les lecteurs non initiés, il s'agit d'une nuit entière consacrée aux nanars, occasion de voir quatre films complets et une tétrachiée de bandes-annonces, extraits et autres joyeusetés, le tout dans une ambiance de folie et organisé par la cinémathèque en partenariat avec le génial site nanarland. Cette année, contrairement à la précédente, j'étais accompagné par un camarade centralien : Grégory, dit Bisounours. Comme de coutume, la nuit a commencé par la projection d'une scène célèbre mettant en scène Chuck Norris (j'ai évoqué le film dont la scène est tirée il y a quelques messages de celà).

Après ce démarrage en fanfare, le véritable maitre de cérémonie est arrivé : Jean-François Rauger, critique réputé et directeur de la programmation de la cinémathèque, venu comme l'an dernier faire une introduction pleine d'humour et de charme. La première partie a commencé, avec en vrac :

- deux extraits de quelques minutes chacun, l'un mettant en scène un pétomane (dans un film éponyme, dont je n'ose imaginer le scénario), l'autre des extraterrestres portant des pyjamas très particuliers (L'invasion des soucoupes volantes).
Christopher Lee dans l'Invasion des soucoupes volantes. Il n'avait pas fini de souffrir, ce soir.

- une série de courts extraits appelés "cuts excentriques" : choisis par l'équipe de nanarland, on y trouve pêle mêle plusieurs "recalés de Jurassic Park" (ou les mille et une façon d'échouer à animer un dinosaure sur grand écran, de la pâte à modeler à l'image de synthèse) ; des ninjas très discrets grâce à l'utilisation de petits tapis et de trampolines portables (le tout repris à l'identique dans deux films différents !); Chuck Norris qui se change en ours ; et le plus mauvais doubleur de France en action.

- Diverses bandes annonces : Rien n'arrête la musique, le film des Village People (!), Dawn of the Mummy, Les trottoirs de Bangkok (un peu d'exploitation crapoteuse), L'incroyable Hulk (et son catcheur peint en vert), et le grandiose Mon corps a soif de désir (une sombre histoire de gitan grec impuissant).

C'est alors que, précédée d'une présentation de Monsieur Rauger, la "caution culturelle" de la soirée a été projetée : Le Congrès des Belle-mères (1954), d'Emile Couzinet.

"Achevez-moi, pitié !" Un spectateur, durant le quatrième couplet de la chanson des belle-mères.

Cette année, la caution culturelle était plutôt rythmée. Il s'agissait d'une comédie française dans laquelle les belle-mères d'un village du Sud-Ouest décident de prendre le pouvoir politique au grand dam de leurs gendres et du maire. Le tout s'accompagne de jeux de mots tellement affligeants qu'ils en deviennent drôles (de mémoire, un beau-père appelé Bonnichon se dispute avec son gendre, Monsieur Jolissein pour savoir qui porte le plus beau nom de famille...), de chansons que la salle finissait par reprendre en coeur ("Ah les belle-mères ah les belle-mères..."), de dames d'âge respectable qui mattent leur mari à coup de prises de Judo, le tout nappé d'une idéologie déjà très rétrograde à l'époque (parfois de façon "subtile" : la jeune femme présentée en exemple, c'est à dire comme l'alliée des hommes, avoue fièrement qu'elle n'est pas inscrite sur les listes électorales). Une entrée en matière plutôt efficace en tout cas, et montrant que de mauvais films sympathiques ont été tournés bien avant les années 80, et dans nos provinces.

Après une petite pause, histoire de digérer tout ça, la deuxième partie a commencé par un jeu, où il s'agissait de retrouver le nom d'un film chroniqué sur le site à partir de son pitch. Je n'ai pas été sélectionné mais j'ai pu constaté à quel point j'étais atteint : j'ai reconnu 4 films sur cinq, et j'en ai vu au moins 2 par le passé... La nuit s'est poursuivi par la projection d'une sympathique interview de Lloyd Kauffman, fondateur de Troma production et réalisateur de nanars volontaires et engagés depuis une trentaine d'année au moins. Nous avons enchainé avec :

- deux extraits, dont l'un, du film Angel of H.E.A.T., faisait mal aux yeux...

- des cuts excentriques bien déjantés, entre chorégraphies pakistanaises en skaï pour le moins ambiguës et fin du mythique Clash of the ninja.

- des bandes annonces : entre autres, Blessure avec Florent Pagny jeune qui joue mal, L'Horrible invasion et ses araignées géantes moins crédibles les unes que les autres, Hulk revient (la suite), Oeil pour oeil, un film qui confond ninja et samouraï, et Canterbury interdit, un festival de polissonneries moyen-âgeuses accompagnées d'une chanson qui fait encore saigner mes oreilles à l'heure où j'écris ces lignes.

L'un des sommets de la soirée est arrivé juste après ça : la projection de Karaté Olympia (1980), de Ivan Hall.
"Karaté Olympia rentabilise déjà la nuit". Bisounours, émerveillé par les prouesses de Steve Chase.
"Houss !" La salle, saluant comme de vrais artistes martiaux.

Tentons de résumer le scénario de la chose : des mercenaires, parmi lesquels Steve Chase et sa fiancée s'entrainent dans un château en pierres blanches perdu dans un désert sud-africain. A leur tête, le capitaine Von Rudlof, ancien officier nazi disgracié, qui désire se venger en les faisant concourir dans un tournoi d'arts martiaux contre une équipe formée par l'homme responsable de sa chute, Miyagi. Mais Steve et sa belle, aidés par Chico, le bras droit nain de Von Rudlof, parviennent à s'échapper. Von Rudlof fait capturer l'héroine pour faire pression sur Steve, qui décide de revenir au château dans l'équipe de Miyagi pour la sauver.

A la lecture de ce résumé, vous n'avez qu'une piètre idée du n'importe quoi de ce long-métrage, du générique (où les noms des acteurs et de l'équipe de tournage sont projetés sur le corps du héros) à la fin (avec un flashback hallucinant de von Rudlof). Joué de façon approximative, il réussit l'exploit de rassembler des karatékas, des nazis et un homme de petite taille qui explique que "parfois, la victoire est dans la défaite". Les 40 meilleurs karatékas du monde (bizarrement presque tous recrutés en Angleterre ou à New York) y font subir des violences insoutenables à des pastèques ou à des guitares ou lancent des vannes absconces (du genre "Mieux vaut un singe que trois babouins"). Le film fourmille d'éléménts nanars, et vaut définitivement la peine d'être vu, que ce soit à 400 à la cinémathèque française, ou à cinq avec une pizza.

La suite et la fin, demain !

jeudi 3 avril 2008

Jibi avec 25 cl de Mort Subite à la framboise

Pour la fin du Hilary term, je me suis rendu à Bruxelles en compagnie de mes camarades et de quelques encadrants. Il s'agit du seul voyage d'étude facultatif du cursus, mais tout le monde a répondu présent, ce qui montre l'intérêt élevé que nous éprouvons pour nos études, ou peut-être juste l'impressionnant pouvoir d'attraction de la bière et des gaufres sur les êtres humains. Le voyage lui-même a été organisé par deux de mes collègues, qui se sont occupés de réserver une auberge de jeunesse.
En wallon, "auberge de jeunesse" se dit donc "hôtel de jeunes."

La partie sérieuse du field trip a consisté en une série de présentations étalée sur deux jours, mobilisant moults intervenants : une député européenne britannique, des membres des différentes directions générales abordant les questions d'environnement et des lobbyistes venus expliquer sans rigoler et sans bouger les oreilles que si les entreprises étaient libérées des contraintes européennes, elles pollueraient encore moins. Les présentations, bien qu' inégales, apportaient toutes leur lots d'informations intéressantes. Par ailleurs, le premier jour m'a donné l'occasion de me promener un peu dans un des bâtiments du Parlement, décoré avec un goût tout relatif.

Malheureusement, j'avais laissé mes lunettes 3D à Oxford.

La salle Yehudi Menuhin, nommée ainsi en l'honneur du violoniste (et honteusement sous exposée sur cette photo)

La partie moins sérieuse du séjour a été l'occasion de prendre beaucoup le métro, lui aussi décoré avec un goût tout relatif.

Les tables de la loi 2000 !
La pièce de monnaie géante de la batcave !
Des bonhommes en carton derrière une paroi en verre ! Tout ça sous terre et à deux pas de mon hôtel de jeunes, en plus.

J'ai eu l'occasion de me promener un peu pendant les pauses déjeuner et le soir. Voici donc quelques endroits où mes pas m'ont conduit.


Une cathédrale impressionnante, dont malheureusement, je n'ai pas pu déterminer le nom. Si un fidèle lecteur en sait plus, pourrait-il éclairer ma lanterne ?
Le délirium tremens : à l'extérieur (remarquez comme leur animal totem est bien choisi)...
... et à l'intérieur. Plus de 200 types de bières. Je n'ai pas osé tenter de commander un soft...

Je vais me battre pour que des espèces comme ça continuent à exister !

Un bâtiment venu me rappeler mon actuel pays d'adoption
Il me semble que c'est un palais royal, mais là encore, je ne me rappelle plus très bien.
Au court du voyage, j'ai découvert avec tristesse que le jeu de mot "Waterzooie, morne plat" figurant dans Astérix et les Belges est complètement intraduisible en anglais.

Enfin, un fait important : j'ai profité de mon passage en Belgique pour boire ma bière de l'année. Comme d'habitude, je vais mettre un an à m'en remettre, hélas...
Et voilà, 25 cl de bière et je me prends pour James Bond. En même temps, avec des James Bond Girls aussi charmantes (merci à Liv et Shibani pour leur participation)...

Ce bref passage à Bruxelles m'a donné envie d'y retourner : après tout, j'ai raté le Manneken Pis, l'Atomium, le musée de la Bande Dessinée, et je n'ai même pas mangé de fricadelle. J'imagine que la prochaine fois, j'irai aussi voir du côté de Bruges, d'après quelques camarades restés plus longtemps, ça vaut la peine. Prochain message dans quelques jours : un message qui risque de faire pleurer les plus cinéphiles d'entre vous !

mercredi 2 avril 2008

Hey my friend, part 3 : the lost levels

Comme dirait un ami qui se reconnaitra peut-être : "JB, ces derniers temps, ton blog dépérit". Et il est vrai que depuis mon départ à Bruxelles, qui remonte maintenant à un mois environ, je n'ai pas donné de nouvelles. Un mélange de travail (un peu), de stress lié à ce travail (beaucoup) jusqu'à Mardi dernier, puis de paresse et de flemme parisienne jusqu'à Lundi, m'en ont empêché. Voici cependant quelques photos datant du passage des mes amis Antoine puis Colas ici à Oxford, soit il y a un bon moment. Elles permettront de montrer qu'Oxford est plutôt animée le Samedi.

En effet, on croise dans la rue aussi bien des percussionistes au look très particulier...... que des acteurs vantant une pièce tiré de Mortimer, de Terry Pratchett. Les fans reconnaitront Rincevent (le type en rouge avec le chapeau pointu) et La Mort, qui proposait d'essayer le cercueil aux gens. Dommage que je n'ai pas eu le temps d'y aller.

A cette occasion, j'ai pu faire deux tours consécutifs d'Oxford ; heureusement, je ne m'en lasse pas. Avec Colas, en alternative à Christ Church College, je suis allé voir Magdalen College (dont le nom se prononce "Maudlin" sans raison valable), un college avec un parc immense et très sympathique, et que je peux également visiter à l'oeil.

Moi, quelque part dans Oxford. Remarquez la voiture bleue qui sort de mon oreille.

C'est certes moins impressionnant que 1300 cerisiers en fleur, mais c'est plutôt joli, ne ?

Ah, ça fait du bien de blogger à nouveau, même si c'est pour un petit message. Demain (ou après demain), je reviendrai sur mon passage à Bruxelles, puis dans quelques jours, je ferai un compte rendu d'une des nuits les plus excentriques que j'ai connues.

dimanche 2 mars 2008

Hey my friend, part 2 : as-tu déjà dansé avec une wiimote, le soir au clair de lune ?

Avec en hôtes de marque, Pierre et le pont des soupirs local (on en a un aussi).

Avant de commencer, une petite remarque : demain, j'assisterai à ce qui devrait être les dernières heures de cours de ma vie. Ca fait bizarre...

Revenons maintenant une semaine en arrière. J'ai finalement décidé de faire quelque chose que j'aurai dû faire depuis longtemps : visiter Cambridge. J'ai donc commencé par un voyage en car de 3h30 qui m'a mené jusqu'à la grande rivale. En arrivant, la première chose que j'ai vue est...

... cette grande étendue verte, que j'ai traversée pour rejoindre mon hôte, Pierre, centralien et ami.

Hughes Hall, college, le site où j'ai dormi et (scandaleusement) bien mangé.

Nous sommes assez rapidement sortis nous promener en ville. J'ai à cette occasion découvert que Cambridge, c'est comme Oxford mais en un peu plus bordélique : les noms de rue et d'un certain nombre de colleges sont les mêmes, mais les rues sont sinueuses là où celles d'Oxford sont en général droites. Nous avons fait une bonne marche pour arriver au Centre for Mathematics, département de mon camarade qui valait effectivement le détour.
Rencontre du troisième type (un des labos du Centre for Mathematics)

A l'entrée, un écran qui alterne annonces de conférences aux titres accrocheurs et accessibles...
... et photographies d'étudiants charismatiques.

Sur le toit du batîment.

Après ce petit tour, nous sommes rentrés chez Pierre. Ce dernier m'a préparé un plat qu'il a inventé lui-même. J'ai pu ensuite dépenser mon trop plein d'énergie en testant la wii pour la première fois de ma vie et en terminant Warioware : smooth moves en 1h47 montre en main dans une avalanche de minijeux plus débiles les uns que les autres.

Le lendemain, après un petit déjeuner à l'anglaise, nous sommes sortis visiter quelques colleges. Lorsque nous sommes passés du coté du centre, nous avons entendu des jazzmen interpréter "Singing in the rain" avec entrain. Malheureusement, nous avons été cruellement déçus en nous approchant... Ils étaient sponsorisés par l'Eglise de Scientologie.
Enfin, ils sont plus sympathiques que Tom Cruise, mais quand même...

Nous sommes d'abord entrés dans Trinity College.
Trinity.
La fontaine de Trinity.

Puis nous nous sommes rendus à St John's College, juste à côté. A noter qu'il existe une rivalité entre les deux. De façon amusante, deux chemins, chacun sortant d'un des colleges, se trouvent séparés par un simple fossé rempli d'eau, comme dans un album d'une célèbre bande dessinée aujourd'hui en pleine déliquescence.
St John's college, qui ressemble assez à Trinity college en fait.
"Oh Roméo, pourquoi es-tu Roméo ?"
L'entrée de la résidence de St John's. C'est beau les vieilles pierres.

L'intérieur de la résidence de St John. Le style architectural n'est pas sans rappeler un certain gros cube évidé en banlieue Sud parisienne...

Nous avons terminé la visite par un petit tour à King's College, qui malgré son nom est un peu moins riche que les autres mais ça ne se voit pas forcément. Je suis ensuite retourné à Oxford. Encore merci à Pierre pour son accueil. J'essaierai de faire aussi bien quand tu passeras...
La cathédrale de King's College.

J'ai encore vu quelques amis après ça, et fait quelques petites choses dignes d'intérêt mais j'ai pas encore les photos et plus de temps pour poster : en effet, Mercredi je pars en Belgique, et je ne reviens ici que Samedi. Ce sera donc pour un prochain message;

lundi 25 février 2008

Hey my friend part 1 : ii tenki nyan ?

Avec en invités spéciaux, Nicolas et un certain nombre de bancs d'écoles.

Comme je l'avais annoncé, je reçois ou visite en ce moment quelques individus de bonne compagnie que j'ai connus par le passé avant de venir m'établir dans la perfide Albion. Ainsi, Nicolas, revenu du Japon pour un petit mois m'a fait l'honneur de venir passer deux jours ici. A son arrivée, nous sommes allés faire un petit tour de la ville, entre l'Ouest jusqu'à la gare et l'Est jusqu'au bâtiment de criminologie de Manor Road avant de tenter d'être servis au Eagle and Child.

Qui dit visite de Nicolas dit évidemment visionnage de gros nanars pour mon plus grand bonheur : ainsi en rentrant, nous nous sommes installés devant Braddock, portés disparus 3, un film pour le moins patriotique dans lequel Chuck Norris, bravant ces salopards de technocrates de Washington, s'en va gagner la guerre du Viet Nam tout seul à coups de pied retournés. Si vous ne l'avez pas déjà subie, je vous renvoie à la réplique la plus emblématique de l'histoire du cinéam reaganien. Pour la chronique de la chose sur nanarland, c'est par ici.

Le lendemain, j'ai essayé quelque chose de complètement différent de d'habitude : nous nous sommes en effet rendus au château d'Oxford. Au passage nous nous sommes offert un petit-déjeuner équilibré, comme l'atteste la photo suivante.
Les beignets Krispy Kreme, dont j'avais déjà croisé le chemin hypercalorique lors d'un court séjour aux Etats-Unis.

Le château en lui-même se visite, mais c'était guidé et nous n'avions plus tellement le temps, donc nous nous sommes contentés de grimper sur le tumulus qui se trouve juste à côté, pour la somme modique de 1£.

Le tumulus. Dommage qu'on n'ait pas droit d'y effectuer des roulis-boulis.
Du haut du tumulus, plusieurs dizaines de siècles nous contemplent. En tout cas, on a une belle vue du château.

L'après midi, j'ai délaissé mon invité pour une raison assez fallacieuse : je devais aller assister à un cours sur la déforestation.
Interrogation en fin de message. Soyez attentifs !

Le soir, nous avons participé à un student diner très animé, avant de visionner Challenge of the Tiger, un film d'espionnage érotique d'art martial dans lequel Bruce Le (ce n'est pas une faute de frappe mais un sosie de Bruce Lee) s'occupe de tataner un certain nombre d'individus et d'animaux sans qu'on sache trop pourquoi, tandis que Richard Harrison (un de mes ninjas caucasiens préférés), lui, s'occupe, euh... du casting féminin. Si Braddock m'avait paru un peu long, Challenge of the Tiger m'a impressionné par le n'importe quoi permanent de l'intrigue et par la prestation du grand Richard qui manifestement a très vite compris ce que valait le film et a décidé de non-jouer au diapason.

Jeudi, la visite de Nicolas s'est achevée par la classique visite de Christ Church College. Il est ensuite reparti vers d'autres horizons tandis que moi, j'ai commencé à me préparer psychologiquement à l'étape suivante, à savoir une visite en territoire rival pour voir si l'herbe est vraiment plus verte dans "l'autre" ville universitaire...

lundi 18 février 2008

fifth week black hole

Bonne nouvelle : j' ai finalement triomphé de cette maudite semaine numéro 5. Pour fêter ça, j'ai passé Samedi et Dimanche après midi à écrire un essay sur la production d'information sur l'environnement dans les médias de masse. J'ai quand même repris contact avec la société le soir.
Juste pour information, le temps à Oxford est radieux, avec un ciel bleu sans nuages...
... mais l'herbe est un peu givrée.

Ainsi, Samedi soir, je me suis rendu à une soirée sushi organisée par la Japanese Society. J'y ai rencontré une japonaise d'âge mûr qui a commencé à me parler de conventions de fans d'animation nippone en Angleterre et qui a essayé de me convaincre de me mettre au cosplay. Vous aurez donc peut-être l'occasion un jour de voir des photos de moi avec des cheveux oranges à nouveau, un kimono noir et une très grosse épée.

Je ne suis resté que brièvement à cette soirée, car j'avais rendez-vous pour aller fêter un double non-anniversaire en compagnie de mes collègues de master. J'ai donc eu l'occasion pour la première de l'année de prouver que j'étais incapable de danser seul ou accompagné, mais dans la bonne humeur - c'est ce qui compte. Le tout s'est déroulé dans un lieu intéressant puisqu'il s'agissait d'une ancienne église transformé en bar/discothèque appelée... le Freud. Je vous jure que c'est vrai.
Un bâtiment qui résume à lui tout seul l'évolution spirituelle de l'humanité au XXème siècle. Et en plus ils passent du Queen !

Le lendemain, je suis allé à une double projection organisée par la Japanese Society, avec un intervalle au milieu où j'ai pu déguster des yakisoba (nouilles sautées). Le premier film s'intitulait Tony Takitani. Tiré d'une nouvelle que je n'ai pas lue, il raconte l'histoire d'un homme solitaire qui épouse une femme charmante, mais avec une véritable obsession pour les vêtements.
Toni Takitani, oeuvre qui réussit l'exploit d'être à la fois un bon film et l'un des prétendants les plus sérieux au titre de film le plus lent du monde.

Le film est très épuré, la réalisation comprenant une alternance de plans fixes et de travelings vers la droite au ralenti (bizarrement, jamais dans l'autre sens). La plus grande partie du film n'est pas dialoguée, mais racontée par un narrateur en voix-off. En fait, ce film est peut-être l'équivalent cinématographe le plus proche qui soit de la lecture d'un livre.

Après la pause-dîner, j'ai pu revoir le film suivant, Battle Royale. Tiré d'un roman que j'ai lu, il raconte l'histoire d'une classe de 42 élèves contraints de s'entretuer par un gouvernement japonais dystopique, le tout sous l'oeil forcément torve de Takeshi Kitano.
Takeshi Kitano, qui réussit l'exploit de rester impérial même lorsqu'il porte un vieux survêtement fatigué.

Le film est également très épuré, la réalisation comprenant une alternance de jets d'hémoglobine et de jupes écossaises. Et Kitano bouffe complètement le film dans son rôle de professeur meurtri chaque fois qu'il apparait cinq secondes à l'écran, transcendant son rôle qui a d'ailleurs été complètement réécrit pour lui par rapport au livre, et c'est très bien comme ça.

Si ça continue, je vais devoir renommer ce blog Jibi sauce teriyaki... Ou peut-être qu'un jour j'irai m'installer au Japon et que là-bas, je m'inscrirai à un club où l'on joue au cricket avant de manger du pudding tout en regardant des films de Ken Loach. En attendant, les prochaines semaines, je vais avoir droit à un défilé de vieilles connaissances. Et ça commence dès demain, avec l'arrivée d'un visiteur venu, croyez le ou non, du pays du Soleil Levant...

samedi 9 février 2008

I am gweilo, part II (mise en abyme)

Précédemment sur ce blog : il y a quelques mois, je suis naïvement allé voir une soirée théâtre chinois pour élargir ma culture, avant de me rappeler au dernier moment que je ne parle pas un mot de mandarin. J'ai donc passé une heure et demi assis à regarder des acteurs se cacher dans des boites en carton et se mettre des fausses moustaches tandis qu'en arrière plan étaient projetées des photos de Nietzsche.

Mercredi dernier, c'était la veille du Nouvel an chinois. Pour fêter ça, j'ai décidé de retourner au théâtre pour voir I love peach blossoms, pièce montée et jouée par le club responsable de la soirée évoquée ci-dessus. Cette fois ci, d'après mes informations, le spectacle allait être surtitré. Je me suis donc rendu au Burton Taylor studio, nommé en l'honneur de vous savez qui.
Non, pas ce Burton, l'autre.
Non, pas ce Taylor, l'autre (grands dieux, cette vanne va tomber à plat)

Voici le synopsis de la pièce : une femme mariée et son amant discutent tranquillement, l'un et l'autre déclamant des poèmes comme le font probablement tous les couples illégitimes. Soudain, le mari rentre, complètement saoûl ("Se mettre minable fait partie de mon job !") et sa femme cache l'amant dans un placard . Jusque là, ça n'est pas très original, je l'accorde. Une fois le mari endormi, un quiproquo amène l'épouse à proposer à son amant de le supprimer. Ce dernier outré par la perfidie de sa maîtresse, décide plutôt de la tuer elle. Mais alors qu'il s'apprête à s'en aller, le cadavre se relève et annonce son refus de périr à cause d'une morale machiste et datée. Nous venons d'assister à la répétition d'une pièce, et les trois personnages sont des acteurs.
Commence alors un grand débat entre ces trois acteurs. Il faut en effet arriver à une conclusion satisfaisante : l'amant doit-il tuer le mari ? Se tuer lui-même ? Serait-il préférable que personne ne meure ? La réponse devient capitale alors que peu à peu il apparait que la pièce reflète étrangement la situation réelle des personnages...

J'ai plutôt apprécié cette pièce moderne : même si je dois avouer que les sur-titres ne m'ont pas permis de subir toutes les subtilités de l'histoire, j'ai au moins compris la trame principale. Les acteurs jouaient (et dans certains cas, chantaient) de façon assez convaincante, et le tout n'était pas dénué d'humour, pas toujours compréhensible pour un occidental. A contrario il y a eu un grand moment de comique involontaire que j'ai dû être le seul à saisir lorsque l'un des acteurs s'est mis à jouer comme Alain Chabat imitant Woody Allen...

Je ne sais pas trop si je vais poster avant un petit moment : la semaine prochaine est traditionnellement marquée par une lassitude générale et un certain dégout de la vie, à tel point que l'Université parle officiellement de "fifth week blues". La suite risque d'être plutôt animée : festival japonais en fin de semaine, puis visite d'un ami, puis petit tour dans l'autre Université, puis visite d'un autre ami, et fin en apothéose à Bruxelles. Ensuite, les ennuis vont commencer...